Jan
14
2009
Des caméras pour Gaza
Solidarité
Barefoot Workshops, une association new-yorkaise spécialisée dans la formation de documentaristes et journalistes audiovisuels, s'associe avec l'ONG israélienne B'Tselem pour fournir 50 mini-caméras vidéos Flip à des journalistes citoyens. Objectif de la démarche : fournir des images sur la vie quotidienne de la population de Gaza et encourager l'aide internationale.
Ces deux ONG souhaitent également susciter des débats au sein d'Israël sur les conséquences de l'opération "Plomb durci". Ce qui semble urgent après la dénonciation par 8 organisations humanitaires (dont B'Tselem, Gisha et Yesh Din de défense des droits de l'homme) du manque de relais de la part de la presse israélienne des opinions critiquant le comportement de l'armée à Gaza.
En revanche, rien n'est annoncé pour la diffusion de ces vidéos.
1375 dollars ont été réunis, il en reste 2875 à trouver (via médiastorm).
 
Jan
09
2009
La crise concerne aussi l'humanitaire
Solidarité
On apprend cette semaine par le wiki d'OLPC (one laptop per child) que cette organisation va licencier la moitié de ses employés. Causes annoncées de ce plan social, la baisse des ressources de cette association due à la crise économique et  à une réorganisation interne autour de nouveaux programmes et du XO-2.
Pour rappel, olpc, ong fondée en 2005 afin de fournir des ordinateurs aux enfants des pays en développement est financé par des dons de grandes entreprises electroniques et informatiques comme AMD, Intel, Redhat ou encore Samsung.
Pour en apprendre plus, on pourra aller jeter un oeil sur leur site et leur webtv.

 
Dec
24
2008
Axios, petits mais... bons communicants !
Solidarité

Axios _ "il est digne" en Grec _ est une association d'aide à l'enfance née en 2006 suite au séjour d'Elise Lassalle et Amélie Pineau, deux jeunes Bordelaises, dans quelques orphelinats roumains.

 

Lorsqu'en 1989, une révolution met fin au régime de Nicolae Ceaucescu, l'Europe de l'Ouest découvre avec effroi des milliers d'enfants abandonnés dans des quasi-mourroirs. Conséquence anachronique de la politique ultra-nataliste de l'ex-dirigeant communiste, ces établissements rappellent les descriptions les plus sombres de Dickens.

20 ans après, la vie de ces orphelins n'est plus aussi désespérée. Les besoins primaires sont assurés. "Ils sont logés correctement, chauffés, nourris et vont à l'école, témoigne Amélie, mais pas plus !". La prise en charge éducative et sociale de ces enfants est pratiquement inexistante. "Ils sont là et vivent en circuit fermé. On ne s'occupe pas vraiment d'eux".
C'est en prenant conscience de ces carences qu'Elise et Amélie regroupent dès leur retour à Bordeaux quelques amis et bénévoles sensibles au sort de ces enfants. Ensemble, ils fondent Axios en 2006 et mettent rapidement en place des camps de vacances pour deux orphelinats.

 
Axel Vincens les suit caméra à l'épaule et en tire un film-témoignage d'une vingtaine de minutes. Ce film est un vrai coup de coeur pour moi... J'ai eu la chance de le défendre en tant que membre du jury, lors du festival Solidarité par l'image de Salies de Béarn en octobre dernier. Il a gagné le premier prix ex aequo.

"Je n'ai pas voulu photographier les enfants qui traînaient ou rampaient par terre. J'ai essayé de les mettre debout pour leur rendre une certaine dignité". Ces paroles sont de Raymond Depardon à son retour en 1997 d'un reportage sur les orphelinats roumains. Dix ans après, Axel poursuit dans la même voie : "Surtout montrer l'humanité de ces enfants, leur joie d'être là dans ce camp. Avec Elise, on voulait vraiment mettre en valeur leurs côtés positifs et vivants, et surtout pas susciter des sentiments comme la pitié !". On s'attache très vite à ces enfants, on rie lorsque l'un d'eux, obligé par des problèmes d'énurésie de se lever toutes les nuits, grimace à la caméra dans un demi sommeil, ou encore lorsqu'une animatrice se fait gentiment traiter de "Ceaucescu" par un jeune qui serait bien resté à cueillir des mûres ! Pas de pitié ni de sentimentalisme, juste un rappel en banc-titre en toute fin de montage, de la réalité sociale et sanitaire de ces enfants, comme un retour brutal à la quotidienneté de leur sort.




Vous l'aurez compris, j'ai vraiment beaucoup aimé ce produit de communication réalisé par une petite ONG sans beaucoup de moyens, entre autres parce qu'il est porteur de quelques qualités essentielles :
- un synopsis simple et efficace (voila ce que l'on fait des fonds que vous nous confiez)
- une utilisation intelligente de l'empathie du spectateur (refus total du pathos pour déclencher le don)
- un professionnalisme dans le traitement narratif et visuel (tournage, montage, sons, musiques originales)
- une grande place laissée aux bénéficiaires de ces actions (nombreux témoignages d'enfants)

Il y a autre chose de séduisant dans cette démarche telle qu'Amélie la raconte. C'est son apparente évidence. "On pensait aux donateurs, comment partager tout ces moments avec eux ? La rencontre avec Axel et son intérêt pour notre travail rendait un film possible. On n'a pas hésité !". En s 'engageant dans cette démarche documentaire avec confiance et sérénité, les tout jeunes bénévoles d'Axios possèdent aujourd'hui un outil de promotion et de communication envié par certains. "On a rencontré des responsables d'ONG qui sont étonnés de voir qu'on a pu produire ce film alors qu'eux se posent encore la question !".

Résultat concret de cette production, présentée en projection privée à travers toute l'Europe par les bénévoles eux-mêmes (et du CD de chants traditionnels réalisé à partir des bandes sons du tournage), les dons ne cessent d'affluer. "Rien que le film doit compter pour deux-tiers des dons en 2008" confirme Amélie.

En 2007, Axios avait accueilli 37 orphelins en camp de vacances d'été. Ils seront plus de 70 en juillet et aout prochain. De plus, depuis mars 2008 cette association soutient des actions péri-scolaires. Trois week-end par mois, une dizaine de professeurs roumains accompagnent 25 enfants de l'orphelinat de Dumbrava.

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Nov
26
2008
Condition : Critical, Voices from the War in Eastern Congo, une production Médiastorm pour MSF
Solidarité

MSF a confié à la société new-yorkaise Médiastorm la production d'un site de témoignages de réfugiés congolais dans les provinces du Nord et Sud Kivu



Et le moins que l'on puisse dire c'est que le produit final est réussi !

A l'économie d'aspect répond la densité des paroles des ces femmes et de ces hommes déplacés en camps de réfugiés. Médiastorm utilise de facon simple et efficace tous les outils disponibles pour délivrer de l'information enrichie. Photographies, sons, vidéo, intervention d'internautes, géolocalisation, RSS, partage via differents réseaux sociaux, url vidéo pour l'ajout sur un blog, tout est là, et à chaque fois avec une qualité irréprochable et servi par un design d'une ou deux colonnes fixes, on ne peut plus simple.
Le graphisme "situe" l'histoire (couleurs sable et bois, textures granuleuse et effacée) sans paraître sophistiqué.

Deux points ont plus particulièrement retenu mon attention : le film et le placement de MSF dans la hiérarchie de ce site.

La "patte" Brian Storm

Comme dans beaucoup de productions de cette société nord américaine, la photo tient une place essentielle. En noir et blanc, elle est le support visuel des témoignages sonores. Et contrairement à un dispositif classique d'interview, c'est sur les images fixes des témoins que l'on entend leurs paroles. Les outils vidéos traditionnels (image couleur et animées, animation, voix-off de commentaire) ne sont là que pour "planter le décor" ou créer des transitions. Pourtant, il s'agit bel et bien d'un film et non pas d'un simple diaporama multimédia. A travers le rythme des paroles, le choix des transtions "cut", l'agencement des images dans le récit, le film prend toute sa force. Pour ceux que cette écriture intéresse, la visite du site de l'agence est obligatoire.

Présents... mais pas omniprésents

Bien que commanditaire du site, MSF a su se mettre suffisamment en retrait par rapport au message principal (la voix de ces victimes) pour ne pas le court-circuiter. C'est très astucieux et plutôt bien vu pour un site dont l'objectif semble avant tout informatif. Evidemment, on retrouve savamment distillées les références à la présence et au travail de MSF dans cette zone, mais rien de trop intrusif, ni de trop insistant.
"Je ne donne pas quand on me fait pleurer !" indique une campagne de communication de la Fondation de France. MSF semble avoir pris le problème dans l'autre sens : nous vous informons et donnons une voix aux victimes, et si vous voulez faire quelque chose, allez sur l'onglet de menu nous concernant. Il faut noter que cette entrée est seulement en quatrième position du menu horizontal. Elle ne clignote pas ni ne s'impose par une pop-up. Vient qui veut ! Ce n'est qu'une fois sur la page qu'un gros bouton rouge de don est accessible. Stratégie interessante me semble-t-il. A voir si elle porte ses fruits...

Dans "the perfect storm", Eric Scherer écrit : les ONG ne sont pas loin de pratiquer un journalisme d'activisme. C'est ce à quoi MSF vient de s'essayer avec un certain succès !
 

 
Oct
14
2008
Et pendant ce temps, la crise alimentaire...
Solidarité

«Alors que le monde développé a dégagé plus de 1000 milliards de dollars en quelques semaines pour empêcher ses banques de faire faillite, il ne parvient pas à trouver 1% de cette somme pour aider les pays les plus pauvres à surmonter la crise alimentaire». Ce n'est pas moi qui l'affirme, mais Sébastien Fourmy, coordinateur des campagnes d'Oxfam France-Agir Ici cité par le 13 octobre 2008.

Pour rappel, il suffirait de trente milliard de dollars pour nourrir pendant un an un sixième de l'humanité sous-alimentée.

Ce n'est pas la même chose, ce n'est pas vraiment de l'argent donné mais prêté, presque une opération blanche si l'on en croit les propos du premier ministre français de ce matin, bref, je n'ai surement rien compris.

Pourtant, je continue de penser qu'il est plus facile de sauver quelques banquiers et traders inconscient (ou plutôt bien trop conscient qu'au final, ils ne risquent rien puisque la puissance publique ne tolérera jamais un effondrement du système financier grace auquel ils s'enrichissent éhontément!) que de soulager ne serait-ce qu'a court terme des êtres humains affamés.

Et ce n'est pas l'extrait suivant de Jean Ziegler qui va me faire changer d'avis !

 


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