Depuis quelques temps, j'ai le plaisir de travailler avec un Eos 5 d2. Rien à dire coté optique et qualité d'image, c'est un bonheur en photo et vidéo.
Par contre, hier, gros soucis avec le boitier et plus précisément, son grip porte-batterie. Impossible de séparer les deux, la roue noire de dévissage du grip tourne dans le vide !!!
Je ne crois pas être une brute avec mon matériel, j'utilise boitiers canon et caméra depuis déjà quelques décennies et je n'ai jamais connu ce genre de mésaventure. J'aurais trop serré la vis de fixation sans m'en rendre compte? La rouille serait déjà à l'oeuvre, m'obligeant à degripper le tout à coup de WD 40 (arrrrghhhh)?
Non, c'est tout simplement une faiblesse réccurente chez Canon, au moins depuis quelques générations de boitiers. Pour mieux comprendre, il suffit d'aller faire un tour sur les forums de dpreview.com (par ailleurs excellent site d'infos sur les eos). La roue noire intégrée aux grips canon est en plastique. Problème, elle sert à entrainer une roue… en métal. Plastique+métal+usage fréquent=Sav canon. Aux Usa, c'est environ 80 dollars la réparation. Combien en France via le CPS, je vous dirai cela très bientôt.
800 kms, 150 kgs de CO2, des milliers d'images, 3 chocs et un mot magique, c'est un peu mon bilan personnel de cette édition 2009 de "Visa pour l'image".
Au départ, il y a la motivation de voir dans une même ville une grande partie de la production photographique mondiale de reportage. C'est pratique, les lieux d'expositions, anciens couvents ou églises sont magnifiques et sont tous proches, facilitant ainsi une découverte pédestre du centre de Perpignan.
Il y avait aussi l'envie de croiser Brian Storm, annoncé par ses tweets comme présents à Perpignan.
Coté expos, c'est un peu difficile d'absorber autant d'image dans un si court laps de temps. Les deux premières soulèvent l'enthousiasme et peu à peu le regard se fait plus critique, voire s'érode. Jusqu'à la découverte du travail de Miquel Dewever-Plana de l'agence Vu sur le Guatemala.
Palmarès personnel
"L'autre guerre", c'est celle que se font les gangs de Guatemala Cuidad. C'est le thème principal du travail de ce photographe. Membres de gangs, victimes, assassins, prostituées, dealers, gardiens de prisons (certaines fois d'ailleurs les mêmes sont dealers et gardiens !), tous passent devant le regard scalpel de ce reporter. Les images sont d'une composition impeccable et constituent un véritable cheminement visuel à la découverte de ce monde. Il n'y a pas là, contrairement à d'autres expos visibles à "Visa" avalanches de gros plans ou de photo chocs. Au contraire, c'est la succession et la diversité des images, des valeurs de plans choisies, le tout soutenu par une rigueur formelle...et la contextualisation des légendes qui donnent cette force particulière à ce sujet.
Autre choc visuel, "Upstate girls" de Brenda Ann Kenneally. Vous aviez aimé le portrait de Flint par Michael Moore dans "Roger and me"? Vous allez adorer Troy et ses classes populaires sous l'objectif de cette photographe. C'est l'envers du décor de la croissance américaine d'avant la crise, vu à travers la vie de quelques femmes, leurs filles, petites filles, amies et voisines. Triste, oui, sordide, aussi, incompréhensible, peut-etre. En tout cas, ce n'est pas si loin de ce que je peux connaître via mes reportages pour France 3 de la vie de toute une partie de la population de Picardie, autre région perdue de la croissance économique. Un rappel d'une réalité que de nombreux discours s'efforcent de minimiser. Et un regard sans complaisance mais sans jugement sur ces familles paumées vivant dans des réduits décrépis, ces mères absentes à force de "travailler plus pour gagner moins" et leurs fillettes responsables de leurs frères et soeurs à peine moins âgées. A voir absolument...et à suivre car c'est un travail encore inachevé.
Troisième choc, ou plutôt K.O.final de cette édition, Eugène Richards et son "War is personal". Connaissant certains de ses précédents travaux, ayant comme beaucoup parcouru dans tous les sens le photopoche qui lui est consacré (n°68), je n'ai pas été dépaysé. Photos noir et blancs, cadres au scalpel, décadrages et profondeur de plans, tout est là du style Richards. C'est précis et ajusté comme un uppercut au foie. Sentiment renforcé par la scénographie de cette expo. 3 images d'introduction de l'histoire, un texte explicatif d'Eugène Richards, 3 images à suivre. Et chaque histoire séparée des autres par un cadre noir. Rageant et boulversant...
Webdocs à l'honneur ?
Ca devient une habitude désormais, pas de festival d'images sans la mise à l'honneur du webdocumentaire. C'était déjà le cas au "Sunny Side of the docks" de La Rochelle, ça l'était également à Perpignan via une soirée spéciale mercredi soir. Pour tout dire, je n'y ai pas assisté, étant déjà reparti pour Bordeaux (travail, travail!). Mais je n'ai pas vu énormément de lieux dédiés à cette nouvelle forme de traitement du reportage. Juste un en fait, une salle de projection au fond de je ne sais plus quel couvent ou chapelle, assez peu sexy pour tout dire. Autre détail troublant, pas d'événement prévu au programme autour de Brain Storm, fondateur de Médiastorm et qui était présent à Perpignan. C'est par un tweet de @BrianStorm que l'on apprend qu'au final, une projection multimédia est organisée le jeudi à la caserne Galliéni. Dommage.
Pour en finir avec Storm, je n'ai pas pu le croiser ce mercredi, là aussi dommage. Il va falloir faire le voyage à New-York ;)
Au final, du flot d'images absorbées toute cette journée, je n'ai retenu que ce qui était réellement organisé autour d'une histoire simple et forte et pas simplement une suite d'images, contextualisé par de vraies légendes et enrichi par la qualité du regard des auteurs. A chaque fois des reportages dont j'ai pensé qu'ils feraient...de bons webdocumentaires.
Barefoot Workshops, une association new-yorkaise spécialisée dans la formation de documentaristes et journalistes audiovisuels, s'associe avec l'ONG israélienne B'Tselem pour fournir 50 mini-caméras vidéos Flip à des journalistes citoyens. Objectif de la démarche : fournir des images sur la vie quotidienne de la population de Gaza et encourager l'aide internationale.
Ces deux ONG souhaitent également susciter des débats au sein d'Israël sur les conséquences de l'opération "Plomb durci". Ce qui semble urgent après la dénonciation par 8 organisations humanitaires (dont B'Tselem, Gisha et Yesh Din de défense des droits de l'homme) du manque de relais de la part de la presse israélienne des opinions critiquant le comportement de l'armée à Gaza.
En revanche, rien n'est annoncé pour la diffusion de ces vidéos.
1375 dollars ont été réunis, il en reste 2875 à trouver (via médiastorm).
Journalism.co.uk a demandé à de nombreux professionnels des médias online leurs avis sur le journalisme numérique en 2009. Les réponses sont variées, riches et propices à la réflexion. Modèles économiques, moyens de diffusion, types de médias, local vs international, tout y passe...
A voir et à lire en vue des bonnes résolutions de début d'année !
Et pour faire connaitre son propre point de vue, c'est sur http://twitter.com/journalismnews.
Suite au précédent billet sur les témoignages congolais rapportés par MSF, un autre éclairage, dans un registre totalement différent, mais au moins aussi intéressant :
Je sais, ça peut paraître incongru, voire inconvenant de rapprocher la série de témoignages de victimes évoquée précédemment avec un programme de radio consacré essentiellement à la musique africaine. Malgré tout, je trouve que Solo Soro et Vladimir Calognari réussissent à nous informer assez finement sur les racines historiques de la situation actuelle. Et nous rappelent en même temps que l'homme africain s'est toujours complètement inscrit dans son histoire et n'est jamais resté "immobile au milieu d’un ordre immuable où tout semble être écrit d’avance. Jamais [il] ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin". N. Sarkozy, Dakar, 26 juillet 2007
Inscrit en politique, inscrit en arts, inscrit en musiques entre autres choses !
Bonne écoute à tous et si vous en voulez plus, allez voir du côté de leur podcast.
Nov
26
2008
Condition : Critical, Voices from the War in Eastern Congo, une production Médiastorm pour MSF
Solidarité
MSF a confié à la société new-yorkaise Médiastorm la production d'un site de témoignages de réfugiés congolais dans les provinces du Nord et Sud Kivu
Et le moins que l'on puisse dire c'est que le produit final est réussi !
A l'économie d'aspect répond la densité des paroles des ces femmes et de ces hommes déplacés en camps de réfugiés. Médiastorm utilise de facon simple et efficace tous les outils disponibles pour délivrer de l'information enrichie. Photographies, sons, vidéo, intervention d'internautes, géolocalisation, RSS, partage via differents réseaux sociaux, url vidéo pour l'ajout sur un blog, tout est là, et à chaque fois avec une qualité irréprochable et servi par un design d'une ou deux colonnes fixes, on ne peut plus simple.
Le graphisme "situe" l'histoire (couleurs sable et bois, textures granuleuse et effacée) sans paraître sophistiqué.
Deux points ont plus particulièrement retenu mon attention : le film et le placement de MSF dans la hiérarchie de ce site.
La "patte" Brian Storm
Comme dans beaucoup de productions de cette société nord américaine, la photo tient une place essentielle. En noir et blanc, elle est le support visuel des témoignages sonores. Et contrairement à un dispositif classique d'interview, c'est sur les images fixes des témoins que l'on entend leurs paroles. Les outils vidéos traditionnels (image couleur et animées, animation, voix-off de commentaire) ne sont là que pour "planter le décor" ou créer des transitions. Pourtant, il s'agit bel et bien d'un film et non pas d'un simple diaporama multimédia. A travers le rythme des paroles, le choix des transtions "cut", l'agencement des images dans le récit, le film prend toute sa force. Pour ceux que cette écriture intéresse, la visite du site de l'agence est obligatoire.
Présents... mais pas omniprésents
Bien que commanditaire du site, MSF a su se mettre suffisamment en retrait par rapport au message principal (la voix de ces victimes) pour ne pas le court-circuiter. C'est très astucieux et plutôt bien vu pour un site dont l'objectif semble avant tout informatif. Evidemment, on retrouve savamment distillées les références à la présence et au travail de MSF dans cette zone, mais rien de trop intrusif, ni de trop insistant. "Je ne donne pas quand on me fait pleurer !" indique une campagne de communication de la Fondation de France. MSF semble avoir pris le problème dans l'autre sens : nous vous informons et donnons une voix aux victimes, et si vous voulez faire quelque chose, allez sur l'onglet de menu nous concernant. Il faut noter que cette entrée est seulement en quatrième position du menu horizontal. Elle ne clignote pas ni ne s'impose par une pop-up. Vient qui veut ! Ce n'est qu'une fois sur la page qu'un gros bouton rouge de don est accessible. Stratégie interessante me semble-t-il. A voir si elle porte ses fruits...
Dans "the perfect storm", Eric Scherer écrit : les ONG ne sont pas loin de pratiquer un journalisme d'activisme. C'est ce à quoi MSF vient de s'essayer avec un certain succès !
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La liaison avec Twitter ne peut s'effectuer, le code de réponse serveur est : 401